Liliane Proux

 



Liliane  PROUX


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PROUX Liliane

Née le 21 Juillet 1947 à Aix en Provence (Bouches du Rhône). Française.
Peintre de sujets fantastiques, figures, natures mortes Postsurréaliste.
Aprés des études à l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille, elle commence à exposer dès 1973, d'abord à Marseille et  dans sa région, puis à Paris ( Galerie Drouant, 1981 et 1983 ), au Koweit ( 1982 ) et au Japon ( 1994 ).
Ses compositions sont oniriques et vaporeuses, quelque part entre surréalisme et symbolisme.

Bénézit édition 1999

  Que ce soit au regard d'un portrait qui se déploie dans un jeu de drapés, dans le déroulement d'une ligne démultipliant les traits d'un visage ou dans ses "vies immobiles" (still life), il y a chez Liliane Proux, tout un monde onirique que l'on perçoit comme une présence palpable. A l'image de ces jeunes madones à la peau laiteuse, à la grâce boticellienne, il y a une apesanteur qui transparaît dans ses toiles travaillées comme à la fresque dans la transparence de glacis. Quelque chose du Quattrocento dans les ors de Venise. Quelque chose encore de fugitif, de magnétique dans un profil, un objet, dans ces trois coings juteux posés là, dans un premier plan qui gagne l'infini par un angle de ciel, créant autour d'un visage en toile de fond, une scène singulièrement belle.
Quelque chose comme l'esquisse d'un sourire dans un rai de lumière drapée laissant le regard s'esquiver vers l'ailleurs.




Isabelle de Méré.

UNIVERS DES ARTS
Décembre 2000 Janvier 2001 NÝ56
Automne - huile sur toile 60 x 73 cm
AUTOMNE - huile sur toile 60 x 73 cm


Le rêve déchiré...


L'essentiel n'est-il pas de « montrer » ?

Sans doute... Le signe toujours, dit-on, précède la pensée et il revient à l'art de sauvegarder cette part inexprimable de nous-mêmes, cette plaie de l'âme qui demeure l'ultime vérité de l'homme. Sur cette voie étroite, entre cîmes factices et abrupts inféconds, les chemins de la création se cherchent, s'épient, louvoient : écoles et modes, bon goût et mercantilisme, tandis qu'en marge de l'aggiornamento Liliane PROUX défriche d'autres terres, promène en solitaire, sur la gamme pastel de sa palette, la démesure talentueuse de son imaginaire...

Peinture onirique ? A n'en pas douter : ferme les yeux et regarde... Alors seulement ton regard portera au-delà des rubans de Maïa...

Symboliste ? Non pas ! Car il n'existe pas de clef pour lire l'oeuvre, et il s'agit moins de savoir ce que signifie telle ou telle toile de Liliane PROUX que ce à quoi elle fait écho, ce qu'elle signe, comment elle fonctionne en nous-mêmes découvreur-huron de « terra incognita » .

Surréaliste ? Peut-être, si l'on tient à tout prix à se rassurer frileusement aux classifications. Mais les étiquettes sont-elles de mise lorsque l'oeuvre prend source à l'essence tragique de la vie et voyage au pas du temps immobile que filent les Parques au delà du connu ?

Au résultat, une peinture surréelle plus que surréaliste, même si les effets n'en sont pas absents (mais comment témoigner de l'ineffable ?) Itinéraire fascinant d'une nomade qui voyage outre-temps, outre-lieu, dans cette « nuit qui remue » derrière le masque.

Et si au vrai nous n'étions que ce masque creux, cette apparence de nous-mêmes que peint Liliane PROUX.

Notre réalité a-t-elle encore un sens ?

A chercher réponse dans l'expression graphique il arrive que le trait se convulse, trace un écorché de l'âme, célèbre un espace du dedans révulsé, un corps intérieur qui se tort en un spasme de vie douloureux et sensuel. Mais il est dit que le Desdichado halluciné finirait encamisolé, livré aux mains du docteur Blanche dans une maison de santé ... « Dein Block ist dein Heim »... Et le pinceau gifle la couleur, déchire le motif comme l'ongle griffe le mur, tranche dans la toile tel un coup de dague, plaie ouverte sur des visages desquamés : l'homme spectral et son multiple. Et ce goût forcené de la mise en image d'un rêve déchiré et sans cesse trahi par sa figuration picturale tourne à la désespérance ...

... Laxt Exist before abstraction...

Et l'abstrait viendra brûler l'angoisse car la « mort dans l'âme » n'est pas la mort de l'âme.

Lorsque le fleuve se calme, lorsque la tourmente s'apaise, l'atmosphère change et la fulguration le cède au charme subtil et vaporeux du camaïeu. Le motif s'y prête nature morte, objets quotidiens, bouquets de fleurs. Arrêt sur image. Un instant, un court instant l'esprit se pose, reprend son souffle.

Rupture ? Clin d'oeil exorciste ? Pratique conjuratoire ?

C'est courir à une lecture rapide et trompeuse: au plus proche du figuratif Liliane PROUX tisse son oeuvre d'un même fil. A les mieux examiner les objets flottent en état d'apesanteur, émergent d'un espace vide, sans construction, livré à la couleur. Rien qui ne laisse supposer un lieu précis où poser notre raison dans le temps ou dans l'espace, ni où ni quand...

Nulle pose dans l'oeuvre, nulle rupture : les maillons s'épousent et s'enchaînent, encore et toujours dans cet espace du secret, ici, dans ce frisson d'âme qu'un poète préta aux choses inanimées...


Jean-Louis PIETRI




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